(Fiche élaborée par le réseau TOXIBASE)
La prévention des toxicomanies se déploie dans deux directions :
En référence aux définitions de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), on a distingué traditionnellement 3 niveaux de prévention:
L’évolution des pratiques de consommation et des modes de prise en charge a remis en cause la pertinence de ce découpage.
D’abord centrées sur la dangerosité des produits dès les années 70, les politiques préventives ont évolué
pour aborder le problème en considérant préférentiellement la personne et son comportement.
Les toxicomanies, identifiées comme comportements de consommation de substances psychoactives susceptibles d’entraîner une dépendance, s’étendent aux consommations de produits licites (alcool, tabac, médicaments). Elles ouvrent sur le champ des comportements addictifs (jeu pathologique, troubles des conduites alimentaires) et s’apparentent à l’ensemble des conduites à risques.
La prévention primaire doit donc agir sur les déterminants généraux des conduites à risques (éducation - socialisation - insertion), et non pas seulement viser les produits consommés. Son objectif est de rendre les individus aptes à faire de "bons choix" en terme de consommation et de santé en général, acteurs de leur propre prévention.
L’irruption de l’épidémie du sida -VIH et de l’hépatite C a nécessité en Europe et en France la mise en place d’un dispositif spécifique destiné à réduire les risques liés aux pratiques des usagers de drogues (notamment héroïnomanes) par voie intraveineuse :
Ce dispositif prend en compte les risques d’infection et autres pathologies, les risques d’accident (overdose), mais également les dommages sociaux (isolement, marginalisation, délinquance) en lien avec l’usage de drogue.
La notion de réduction des risques s’est progressivement étendue à d’autres types d’usages et de produits, en particulier les produits de synthèse dont l’ecstasy (information des usagers, "testing" des produits, conseils pour gérer une consommation à moindre risque). L’objectif de santé n’est plus prioritairement l’abstinence mais la régulation des comportements de consommation et la responsabilisation des usagers. Le public visé ne se limite pas aux toxicomanes : il comprend aussi les usagers occasionnels.
La mise en oeuvre d’une politique de prévention cohérente implique de différencier les usages:
La prévention se développe ainsi dans les directions suivantes :
Il s’agit d’identifier les populations à risque, les "facteurs de vulnérabilité" (individuels ou sociaux) ou "facteurs de protection" déterminant les choix des individus dans leur environnement spécifique (précarité, milieu urbain, isolement...).
Plusieurs valeurs ou sentiments peuvent être cultivés afin d’inciter les individus à ne pas (ou plus) consommer de drogues. Schématiquement, deux approches s’opposent.
La prévention des toxicomanies donne lieu à des actions générales : c’est le cas des campagnes de prévention -actions de communication multimédia- organisées surtout par la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie), le CFES (Comité Français d’Education pour la Santé), l’ANPA (Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme) ou le CNCT (Comité National Contre le Tabagisme).
Il est également nécessaire de développer des actions spécialisées et thématiques, adaptées aux publics auquels elles s’adressent. On travaille alors sur la notion de «population cible», qui recouvre notamment : les adolescents, les populations urbaines et les populations précarisées.
Les interventions peuvent être nationales ou locales : contrats d’objectifs entre les Comités Départementaux ou Communaux de Prévention de la Délinquance (CCPD, CDPD) et les acteurs locaux dans le cadre de la politique de la Ville, mise en oeuvre par la Délégation Interministérielle à la Ville, DIV. La mise en place, par circulaire du Premier Ministre (9 juillet 1996), des Chefs de projet Toxicomanie dans chaque département fait également partie du dispositif public de prévention, dont la MILDT garantit la cohérence.
Les interventions auprès de groupes cibles (parents, jeunes, travailleurs sociaux, salariés d’entreprise...).
Pour ces interventions, les principaux acteurs sont les professionnels du secteur spécialisé en toxicomanie et leurs partenaires du secteur social, médical ou éducatif, ainsi que les FRAD ( Formateurs Relais Anti-Drogue de la Gendarmerie Nationale, et les PFAD (Policiers Formateurs Anti-Drogue de la Police Nationale).
En milieu scolaire , des «adultes-relais» sont formés dans le but d’instaurer le dialogue avec les adolescents autour des questions de toxicomanie. Ils sont souvent impliqués dans les Comités d’Education à la Santé et à la Citoyenneté, qui ont pour mission la prévention des conduites à risque par une approche globale prenant en compte les besoins de l’élève dans et hors l’école, en lien avec les différents partenaires institutionnels.
On retrouve ici la notion de «prévention communautaire» plus répandue dans les pays anglo-saxons : approche axée sur la mobilisation de chaque citoyen dans son rôle d’acteur de santé publique.
Initiés par la Direction de l’Action Sociale, les Points Ecoute Jeunes proposent une écoute et un dialogue avec les adolescents en difficultés. Ils ont une fonction d’orientation, de relais et d’accompagnement.
Les Points Ecoute Parents proposent un soutien à l’entourage des adolescents, qu’ils soient usagers ou non de produits psychoactifs. Leur objectif est de rétablir le dialogue entre adultes et jeunes, parents et enfants, de valoriser toutes les expériences utiles et fécondes à la vie des adolescents.
Les lieux d’information : voir fiche Adresses utiles en toxicomanie-sida-santé publique, Toxibase, 1998.
Pour connaître les outils de prévention :
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